En musant…


En musant…

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Allons à Messine….

Pas pêcher la sardine, nous n’avons jamais non plus pêché le hareng à Lorient… Nous sommes à Messine, il fait froid, Michel porte doudoune et bonnet,nous n’avons même pas envie de ressortir lécher une glace, nous aurons peut être un peu plus chaud en Calabre…

Résumé des derniers épisodes: de Palerme nous suivîmes la côte vers l’est et arrivâmes à Cefalù. Beaucoup de circulation , ce ne fut pas trés agréable et j’ai bien ronchonné. Réticente à grimper dans ces grandes montagnes qui nous faisaient de l’oeil, je fus vite convaincue que c’était la seule solution pour échapper aux bolides.Et c’est ainsi que malgré la pluie annoncée, nous décidâmes de partir à l’assaut des Madonie et des monts Nebrodi qui culminent à 1300 mètres.

Auparavant , nous nous sommes attardés à Cefalú. Nous avons découvert un joli port médiéval, un peu touristique et bien propre mais il y avait du soleil…Une cathédrale forteresse bâtie par les normands, dressée au pied d’un énorme rocher planté en bord de mer, un magnifique lavoir, alimenté par une rivière souterraine où les lavandières devaient avoir les doigts bien gourds à manier le battoir et tordre le linge, tant l’atmosphère y est  » crue » ( les vieux jurassiens comprendront le terme! ) Michel l’a quand même dessiné, toujours avec la doudoune…

Finalement la pluie n’a duré qu’une après midi, nous avons eu un peu de ciel bleu. Et nous n’avons pas regretté notre choix. Certes, il a fallu appuyer sur les pédales, pousser un peu mais pas tant que ça et la récompense a été au rendez vous. Des montagnes sauvages, des fleurs partout: le rouge cramoisi du sainfoin d’Italie, le mordoré des genêts, le vert anis des fenouils, les orchidėes.. et ça sentait bon! Nous avons vu des vraies vaches avec des cornes et retrouvé l’ Etna sur son autre versant, il avait du neigé depuis la dernière fois, il était plus blanc. Pas de camping dans ces contrées, le premier jour (celui de la pluie ) nous avons été accueillis par une famille sicilienne, ensuite de chouettes bivouacs…

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Parout des  » borgos » , villages abandonnés, projets de Mussolini.

Nous avons cheminé de villages trés perchés en bourgades tranquilles, de Castelbuono, Gangi, Nicosia, Troina, Cesaró à Randazzo puis il a fallu monter un col jusqu’à 1150 mètres avec la motivation de savoir que la descente sur la mer allait être grisante.
Ce sera certainement notre plus beau souvenir de cette île.

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Il faut faire le plein d’eau dans la vache à eau avant de chercher un endroit pour bivouaquer.

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A Cesaró , un viellard attire notre attention sur les statues du juge Falcone et Borsellino juges assassinés par la mafia.

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Palerme

Nous arrivâmes à Palerme sous une averse, bien sûr à 16h30, heure de pointe comme partout.
Quelques mots sur la conduite des siciliens
Les amateurs de polar connaissent peut-être Montalbano, le commissaire dans les livres de Camilleri, auteur sicilien. Il dit:
« Les siciliens utilisent le code la route comme papier toilette ».
Ce n’est pas tout à fait la réalité. A la campagne et en montagne la conduite est bienveillante envers les cyclistes, pas de dépassement trop serré, un léger coup d’avertisseur pour prévenir…mais en ville, une fantaisie débridée se joue à chaque coin de rue. Les conducteurs ne respectent aucune règle: ni les feux, ni les stops, ni les priorités ils déboitent, doublent à droite, reculent, se garent n’importe où…et klaxonnent ..
Une fois que vous avez compris, vous gardez en permanence 3 doigts de chaque côté sur les freins, vous branchez le périscope sur le casque et surtout vous vous imposez. Et alors miracle,  » ça le fait »! Et personne ne vous regardera d’un air furibond. si vous conduisez à la sicilienne…
En fait les seules redoutables, ce sont les petites vespas, ces guêpes qui se faufilent partout et qui ne vous font pas de cadeaux.

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Nous avons vraiment aimé Palerme.
Elle a conservé de trés nombreuses traces et empreintes de son riche passé, au carrefour des civilisations entre Orient et Occident.
Ce n’est pas une ville musée, ce qui nous a enchanté.
C’est une ville vivante, au coeur palpitant. Dans les venelles , le linge tendu entre les balcons, les petits marchés témoignent que ses habitants , modestes, sont encore là et pas repoussés en périphérie.

n sûr, c’est une princesse déchue, les façades se lézardent, les balcons sont branlants, l’habitat y est sûrement souvent insalubre.

Mais le charme joue. Nous avons marché, flané , déambulé, découvrant des monuments en piteux état, des palais abandonnés, des églises
baroques, bysantines,à l’architecture chrétienne et musulmane, le marché de Ballaró où nous avons dégusté une part de « sfincione » pizza qu’on ne trouve qu’à Palerme faite avec une pâte levée deux fois , simplement garnie de tomate et de fromage, tellement moëlleuse, et bien sûr les nespoles, les fameuses nèfles!
Dans les petites ruelles les petits artisans sont encore là, ce qui fait le bonheur de Michel qui adore les regarder travailler!

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La visite du palazzo Mirto, qui parait il, n’est pas le plus fastueux, nous a fait mesurer l’opulence et la richesse dans laquelle vivait une famille aristocrate , celle des Filangeri, 38 pièces avec débauche d’oeuvres d’art, tapisserie, meubles rares, vaisselles de porcelaine , horloges, livres, lustres, chinoiserie, vielles calèches dans les écuries, tout cela peu entretenu et protégé.

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Nous avions envie de rester plus longtemps mais il y a encore du chemin à faire!

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D’Agrigente à Trapani, la Sicile africaine

Cette façade là regarde décidément bien les côtes lybienne et tunisienne mais aussi l’île de Lampedusa où échouent les nouveaux migrants des temps  »modernes ».

Ici se sont succédés phéniciens, grecs, byzantins, arabes puis au 11ème siècle sont arrivés de Normandie des petits nobliaux. Chacun marqua l’île de son influence, y laissant de nombreux témoignages , tout s’est mêlé, mélangé, superposé. Les jésuites espagnols sont arrivés ensuite, il fallait ramener les ouailles égarées dans le sein de l’église, ce sera du foisonnant, du grandiose, bref le baroque s’empara de l’île.

Nous allons découvrir toutes ces merveilles, pédalant d’une ville à l’autre, sans nous presser.
Ce sera Agrigento et la vallée des temples, vaste site archéologique où nous apprécions le génie des grecs.

Après Agrigente, la plage scala dei Turchi bordée de hautes falaises calcaires

Puis après un petit détour dans la montagne( où ça grimpait sec) nous arrivons à Mazarazara del Vallo pour laquelle nous éprouvons un vrai coup de coeur.
Michel s’installe sur la pazza della Republica, une place qui a de l’allure avec palazzo, cathédrale sur le fronton de laquelle le prince Roger d’Hauteville piétine un sarasin…

Pendant ce temps je pars à la découverte de la casbah qui n’a pas changé depuis des siècles et où vivent les immigŕés africains employés dans la pêche ou les champs. Ce sont d’ailleurs les seuls qui se déplacent à vélos!
J’attends 16h pour rentrer dans les églises ( avant c’est ville morte, tout est fermé…)Tout est baroque â souhait, dorures, angelots, chérubins potelés, pas un endroit vacant pour reposer les yeux!

Surprise, j’assiste à notre traditionnel mariage ( à chaque voyage on « tombe » sur une cérémonie), débauche de belles toilettes, talons aiguilles, costumes croisés et chaussures cirées. Personne n’oublie de tremper les doigts dans le bénitier et de se signer.

Les dénivelés, ça commençait à bien faire, alors nous rejoignons Marsala puis Trapani, longeant la côte, traversant les vignes puis les marais ssalants, parfois de drôles de rencontres…

Après notre traditionnel mariage, à Trapani ce sera notre traditionnelle procession ( même remarque que plus haut) celle ci , c’est pour honorer San Francesco de Paola, venu de Calabre, traversant le détroit de Messine sur un tapis qui flottait sur l’eau. Logiquement il devint le protecteur des pêcheurs, il y avait foule et une surprenante fanfare jouant des airs totalement profanes accompagnait ce moment festif.

De Trapani un téléphérique nous a monté jusqu’à Erice, un bourg médiéval un peu trop touristique à notre goût.Mais de là haut nous avons une vue superbe qui se dérobe de temps à autre sous l’assaut des écharpes de brume et l’air y est bien frisquet..

Dans une église, encore une, une intéressante collection de personnages de cire sous cloche de verre et des personnages en bois peints que l’on promène lors des processions.

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De Catane à Agrigente, la Sicile du centre

Nous décidâmes de partir à la découverte de la Sicile du centre, choix ambitieux car nous fûmes confrontés tout de suite aux dénivelés conséquents et à une rudesse certaine. En effet cette Sicile là est belle, sauvage, peu peuplée mais si pauvre d’où un voile de tristesse enveloppant ses richesses qu’elle ne semble pas avoir les moyens d’entretenir.
Les routes souvent défoncées, les ordures partout au bord des routes, dans les villes des palais délabrés, des maisons abandonnées ou des chantiers abandonnés… Nous n’avons jamais vu des travaux d’entretien des routes…

Michel dit » » ça passe!! » »

Donc, le premier jour, en route pour contourner l Etna , qui s’élève majestueux, dominant les plantations d’orangers, d’amandiers,
les vignes. Les buissons de mimosa, énormes, qui commencent à passer jalonnent la route. Le soir venu, impossible de trouver un endroit pour planter la tente, nous cherchons vainement un endroit plat et surtout propre. Mais notre bonne étoile clignote. Enza et Francesco stoppent leur voiture et nous offrent de les suivre et de nous installer dans leur jardin. Bon il a fallu pédaler sec, en montée, pendant 2 km pour les suivre mais nous étions contents, la nuit arrivait. Nous sommes repartis le lendemain avec des citrons et des amande. Nous étions rassurés, les siciliens n’allaient pas nous laisser tomber!

Nous avons la surprise aussi de traverser des champs d’artichauts, nous croyions que ça ne poussait qu’en Bretagne et aussi des arbres que nous ne connaissons pas. ( des néfliers? aidez nous!)

Pour le moment pas trop de chiens en liberté, on les entend juste japper derrière les grilles ou la nuit. Il faut dire qu’ici, on semble avoir le sens de la propriété tout est clos et cadenassé!
Après ce petit tour dans les montagnes descente sur Agrigente au Sud..


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Catane

Enfin des nouvelles, une tablette qui ne voulait plus s’allumer et nous voilà bien dans l’embarras…Sans trop y croire, nous poussons la porte d’une petite boutique et là miracle, en cinq minutes, le problème était détecté, traité et tout ça avec le sourire!
Donc reprenons.

Un dicton populaire l’affirme:  »lorsque le volcan éternue, Catane tremble ». Détruite 9 fois, comme le phénix, elle renaît des cendres que l’Etna son voisin s’obstine à lui expédier de temps en temps. Ne pas oublier que ce géant, patrie des cyclopes et atelier de Vulcain est un des plus actifs et des plus dangereux de la planète. Aujourd’hui nous n’avons pas à nous inquiéter, doucement enneigé, il crache une fumée blanche, il paraît que c’est bon signe.

Nous avons déambulé dans les rues pavées de lave noire, renonçant bien vite à nous arrêter devant chaque église ou monastère, la liste en est longue comme un jour sans pain. Ici Dieu vous tend les bras à chaque coin de rue. Mais sur la piazza du Duomo, nous ne pouvions éviter de rentrer dans la cathédrale, bâtie en souvenir de Sainte Agathe, martyre du 3ème siècle. Ne voulant pas céder aux avances d’un méchant romain, celui-ci lui a tranché les seins…Mais il fallait bien un peu de profane pour honorer la mémoie de cette héroïne.
Aujourd’hui , on se régale des  » minuzzadi san’agata », douceurs suggestives , un peu trop sucrées et écoeurantes pour moi!
Dans la cathédrale, Bellini le compositeur de  »la Norma » et natif de Catane y a trouvé le repos éternel.
Et là aussi , Dieu nous tend les bras mais cette fois de manière plus concrète. Au fond de la nef, un tas impressionnant de matelas: pour les sans logis, les migrants? Nous n’avons pas osé demander.

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A Catane, le matin, nous ne pouvions pas éviter le marché aux poissons, un des plus beaux de Sicile, un régal pour les yeux, les narines et les oreilles.Des bacs, des seaux, des gamelles pleines de bestioles qui grouillent et s’agitent. Ça dégouline de partout, ça coule. L’odeur de la marée emplit les narines. On s’harangue, on s’invective, on se hèle, on essaie de convaincre le chaland. L’argent passe de mains en mains et s’entasse dans de simples sacs en plastique. Et là, on déroge à nos bonnes résolutions, alors ce sera un petit resto pour goûter à ces bonnes choses au milieu des pêcheurs aux trognes incroyables qui remballent.
Avant les agapes un petit tour au marché voisin , coloré lui aussi…

Demain il faudra prendre la route.

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