En musant…


En musant…

De Charybde en Scylla

2o petites minutes en ferry pour traverser le détroit de Messine et nous posons les roues en Calabre.


On aperçoit « la Madonne de la lettre « , sainte patronne de Messine à l’entrée du port. Il est dit que la vierge aurait adressé une missive aux habitants de Messine pour les bénir en l’an 42 après JC. Sa protection aura duré un certain temps, malheureusement tout a une fin. En 1908 Messine a été entièrement détruite par un tremblement de terre suivi d’un tsunami, le plus important enregistré en Europe.

Il a fallu que nous venions ici pour apprendre l’histoire de l’expression  » tomber de Charybde en Scylla », c’est à dire aller de mal en pis ou éviter un malheur pour tomber dans un autre autre.

Petit cours de mythologie. C’est une histoire de femmes, c’est bien connu le malheur ne peut venir que d’elles!
Charybde fille de Poséidon et Gaïa était continuellement affamée. Après plusieurs bêtises dues à sa gloutonnerie, elle fut punie par Zeus qui l’envoya au fond du détroit de Messine. Trois fois par jour elle doit avaler puis recracher l’eau du goulet.
Scylla était une gentille nymphe qui a été transformée en monstre hideux par sa rivale en amour et envoyée sur un promontoire à l’entrée du détroit. A chaque passage de navire, elle prélève son tribut de chair humaine. Ulysse qui passait par là, n’écoutant pas les conseils qui lui avaient été prodigués y laissa six marins…
Toute cette histoire pour illustrer la dangerosité de cette passe. Deux difficultés à éviter, un tourbillon et des écueils, éviter le premier c’est se jeter sur les seconds. Mais il ne nous est rien arrivé!

Aujourd’hui Scilla est une jolie ville de pêcheurs, aux maisons toutes emmêlées, certaines au ras de l’eau avec un petit bateau amarré.

Nous avons observé des bateaux plus gros qui passaient et repassaient non loin de la rive, deux veilleurs assis tout en haut du mât
(bonjour le mal de mer!). Ils guettent les espadons et avertissent les pêcheurs du bateau.

Nous avons encore assisté à un mariage qui a duré, duré… mais c’était dans une jolie petite église au bord de l’eau et il y avait une dame avec une voix magnifique qui nous a enchantés. Et j’ai été aspergée d’eau bénite par le prêtre. Ma protection est assurée.

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Encore de belles toilettes, des belles filles, Michel a apprécié.. la voiture…

Nous avons ensuite suivi la côte violette jusqu’à Palmi le long de la mer thyrénéenne puis avons traversé le massif de l’ Aspromonte, d’ouest en est pour retrouver la mer ionienne. Cette montagne est connue pour être le sanctuaire de la ‘Ndrangueta, la mafia la plus puissante et la plus dangereuse du monde qui contrôle le traffic de la cocaïne en Europe sans compter d’autres activités bien sales
et qui touche sa dîme sur chaque bateau de migrants qui arrivent…

Au col, apès 900m de montée, un petit producteur local: ah le bon pecorino, le salami et surtout la bière fraiche!

Une drôle d’atmosphère sur cette côte. Par exemple à Siderno, des bandes de jeunes, apparemment désoeuvrés, mais vêtus dernier cri, iphone en mains.Ici le moindre petit concessionnaire de voitures affiche les pubs pour les marques les plus prestigieuses: ferrari, aston artin , mercedes…
Personne nous parle, voire même nous regarde, mais pas d’hostilité juste de l’indifférence, on regrette la jovialité des siciliens qui nous lançaient souvent » complimenti » en levant le pouce, ça gonflait notre ego!

La côte est trés peu aménagée, l’eau est turquoise, les plages magnifiques et désertes. Il faut dire que la ligne de train se déploie tout au long de la mer. Accéder à la plage est impossible sauf dans les villes traversées!

Et nous arrivâmes à Catanzaro, la pire journée du voyage. Cyclistes, N’ALLEZ PAS A CATANZARO!.
-c’est perché sur une montagne trés escarpée avec des viaducs, des échangeurs qui se superposent, des tunnels
-c’est pavé de grandes dalles noires, en vélo c’est l’enfer
– il semble y avoir des funiculaires mais ils ne fonctionnaient pas
-il n’y a que des hôtels chers
-s’orienter même avec le gps nous fait tourner la tête
-et le premier mai tout est fermé
Bref on n’aime pas Catanzaro.
On a fini par trouver la gare. Un petit train va nous emmener dans le massif de la Sila.


6 commentaires

  • Patou a écrit :

    Merci de nous faire rêver et voyager, c’est un grand bonheur!
    L’hiver est revenu, 7 degrés à champfromier, nous venons de menthieres où il en faisait 3…. Feu dans le fourneau et te lire nous réchauffe et nous transporte!
    …..les carnets de voyage de Michel fixerons ce qui deviendra de beaux souvenirs !
    On vous aime
    Patou et Jojo

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  • Jean-Yves a écrit :

    En ce qui concerne les migrants, je vous invite à voir un superbe film tourné en Calabre
    Un Paese di Calabria
    Plein d’émotions et de vérité.

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  • Jean-Yves a écrit :

    D’abord le malheur ne vient pas que par les femmes ! non non il vient aussi par un manque de partage. Et oui mesdames il faut vous partager les hommes….

    Gaspard tu dis que Michel adore la belle mécanique mais à voir le décolleté plongeant de la dame je suppose qu’il adore aussi les belles carrosseries….

    Un vrai bonheur de lire ces pages qui nous cultivent tant avec une si belle écriture.
    Merci Régine et bises à vous.

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  • Mel a écrit :

    C’est toujours un plaisir de lire tes récits de vos voyages ! L’étal du producteur local fait envie !
    Bonne route !
    Grosses bises de nous 3,
    Mélanie et Cie

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  • Gaspard a écrit :

    Effectivement, belle mécanique… Je comprends que Michel a apprécié…

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  • Anne-Marie Vallet a écrit :

    je vois que tout se passe bien avec les aléas qui font un vrai voyage. bonne route et continuez à enchanter nos matinées ou nos soirées. bises à tous les deux

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