En musant…


En musant…

Dieux, que c’était dur mais dieux que c’était beau…

Nous venons de terminer le tour du Magne.
Ce fut éprouvant, les dénivelés ont usé nos mollets et nous avons du souvent pousser les vélos dans les pentes qui frôlaient parfois les 14% mais cette région a su nous ensorceler.

Le Magne, c’est cette péninsule au sud du Péloponèse qui ressemble à un doigt maigrelet qui plonge dans la mer.

Un territoire isolé, trés montagneux et escarpé, une côte découpée, battue par des vents violents mais de nombreuses baies bien abritées, une terre âpre et aride, une végétation pauvre, quelques arbres rabougris, tout celà contribua à forger le caractère des habitants qui se montrèrent rétifs aux envahisseurs.

Au cours des siècles, romains, bysantins, slaves, francs et ottomans, et j’en passe, essayèrent avec plus ou moins de succès de soumettre les maniotes qui surent toujours garder une relative indépendance, défendre leur singularité, leurs coutumes et mode de vie.
Organisés avec un système de clans, les familles étaient regroupés autour d’une maison forteresse.
La vendetta entre clans était fréquente, excédée par cette guéguerre permanente, environ 600 personnes du clan Stephanopoulos quittèrent le Magne pour s’installer en Corse et fondèrent un village qui devint Cargèse.
Une telle terre si chiche ne nourrissant pas son monde, les maniotes organisèrent dans le passé une véritable industrie de la piraterie.
Et ce fut aussi cette région qui emmena la Grèce sur le chemin de l’indépendance.

Nous avons parcouru des petites routes en corniche, de Kalamata, à Kardamily , puis Aréopolis jusqu’au cap Ténaro ( dans la mythologie , la porte des enfers) à l’est puis å l’ouest Lagia, Kotronas pour arriver à Gythion.
Nous nous sommes perdus dans des petits villages aux ruelles resserrées, bordées de ces maisons tours , certaines abandonnées d’autres en cours de rénovation, dérangeant de temps en temps un troupeau de chèvres au milieu de la route, partageant un café avec les anciens qui sont assis là, devisant tranquillement, renonçant à rentrer dans toutes les petites chapelles tellement il y en a…

Bref fatigués mais heureux!


Le village de Stoupa


La baie avant Kardamily, les cendres de l’écrivain voyageur Bruce Chatwin sont dispersées dans ce petit village ( nous avions lu son livre en Patagonie lors de notre périple en Amérique du sud, les surprises du voyage…).


L’église des Taxiarques à Aeropoli aux surprenants signes du zodiaque sculptés sur l’abside extérieure

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Vathia un village abandonné aux nombreuses maisons forteresses

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Au détour des rues…


Toujours des petites chapelles


Le cap Tenaro


Michel au milieu des anciens…


Un maniote, voyez les pistolets, ça ne rigole pas…

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Un paysage austère, des terres souvent ravagées par les incendies…


Mais aussi des criques paradisiaques


Là c’est un pope qui a tenu à me tater les mollets, il ne nous croyait pas quand nous lui avons décrit notre parcours, du coup il nous a bénis…


6 commentaires

  • vallet a écrit :

    Profitez au maxi .A Champfromier , en ce moment il fait froid et il pleut .Bravo pour le parcours mais aussi pour la littérature ; c’est un régal à lire . Rien de bien nouveau au pays , nous avons feté les 94 ans de Micheline la semaine derniere ( 6 juin )
    Certains trouvent des bolets en ce moment
    Bon courage
    Christian

  • Chantali a écrit :

    Moi je veux bien que vous le rameniez deux ou trois jarres en terre pour mon jardin …. Bises à tous deux

  • BELLENGER-ROUAULT Sylviane a écrit :

    Beaucoup de plaisir à suivre votre périple.Les commentaires de Régine nous permettent de comprendre les situations, les faits historiques, les histoires locales.Michel doit s’en mettre plein les yeux pour ses supports d’aquarelle qu’il nous montrera par la suite…Bravo pour votre dynamisme, vos beaux mollets, vos rencontres…Bises bretonnes Sylviane

  • BELLENGER-ROUAULT Sylviane a écrit :

    Beaucoup de plaisir à vous suivre. Les commentaires de Régine sont appropriés et nous permettent de comprendre les situations, les faits historiques. Michel doit se régaler pour ses supports d’aquarelle qu’il nous fera découvrir, ultérieurement…la forme vous va bien,les mollets sont de rigueur. Bons baisers bretons.

  • Roger Coudière a écrit :

    C’est souvent comme ça, les plus beaux paysages se rencontrent dans le régions au relief tourmenté… alors en vélo, il faut du courage et de bons mollets… qui attirent les popes. C’est pour cela qu’on dit que le cyclisme est un sport « pop’ulaire’ ! (jeu de mot laid).
    Bonne route. On vous suit par la pensée et avec intérêt en lisant ce blog. Roger

  • Anne-Marie Vallet a écrit :

    chapeau bas!!!


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