En musant…


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Une histoire de café

Mais où sont ils? Le temps se bouscule et c’est bizarre comme tout s’accėlère quand la fin du voyage fait entendre sa petite chanson…
Donc reprenons le fil de l’histoire.
Nous nous sommes quittės en Slovénie et je ne peux que vous compter le récit d’une journėe débutée dans la mouise et terminée dans l’espoir.
Le dernier bivouac fut idyllique, champs tout vert, sous les arbres entourés de montagnes enneigées, un petit bain dans l’eau de la Socca couleur menthe glaciale, la nuit fut paisible bercée par le murmure de la rivière, le chant des oiseaux nocturnes et les petites lueurs des lucioles.
Le rėveil fut moins drôle, ciel tout noir et menaçant, il fallut plier le barda a toute allure ce qui me rend grognonne.
En effet les premières gouttes arrivèrent au bout de quelques kilomètres. Toujours grognonne je proposai å Michel un arrêt dans un bistroquet qui semblait nous tendre les bras, il y avait de la lumière, J’en profiterai pour aller aux toilettes confortablement, les filles me comprendront.
Nous savions aussi qu’une bonne montée nous attendait de 800 mètres sur une toute petite route en forêt, et qu’il n’y aurait pas âme qui vive. Nous étions au coeur des alpes juliennes.
Nous installâmes dans le dit troquet, et là surprise, le patron passa et repassa au moins 20 fois devant nous, charriant des cageots, ne nous saluant pas et ne nous accordant aucun regard. La patronne en cuisine torchonnait de son côté, et ne nous adressa pas la parole. Nous patientâmes encore et encore, Encore plus grognonne, je profitai quand même des toilettes, volai un petit sachet de sucre pour le thé de Michel et lançant un trés sonore  » havla » ,merci en slovène, nous partīmes.
Il était 8h50, nous avions attendu 30 minutes mais nous vîmes en sortant que le bistro n’ouvrait qu’ å 9 heures! L’heure c’est l’heure, mais un petit bonjour et un petit sourire nous auraient fait plaisir.
Un peu tristes de cette dernière rencontre slovène nous nous engageâmes vaillamment dans la montėe. Effectivement nous ne croisâmes personne, le poste frontière avec l’Italie était abandonné, la pluie s’était transformée en bruine fine qui ne nous gênait pas.
Nous arrivâmes au col et là, un joyeux et retentissant  » benvenutti en Italia » nous arrêta. Gianni et Lucia travaillaient là avec des volontaires européens à un projet écologique de préservation de la nature et des animaux. Ils demandèrent à faire des photos, bavardèrent avec plaisir. Nous étions contents de retrouver l’Italie.
Dans la descente cela se gâta, la petite pluis rafraichissante se transforma en ondée à grosses gouttes glaciales, l’onglée nous guettait nous ėtions trempés, et nous en avions pour 20 km. Mais miracle une petite auberge au milieu des bois nous tendait les bras elle aussi, il avait de la lumière. Le temps de garer les vėlos, une femme souriante et lumineuse vint å notre rencontre. C’était Graciela, argentine qui vit ici avec son compagnon Alessandro et leurs filles. Ils ont choisi de revenir ici, à l’endroit où vivaient les grands parents après avoir beaucoup baroudé. Alessandro a même voyagé à vėlos. Ils ėlèvent des moutons et s’occupent de cette petite auberge. Mais surtout ils essaient de vivre en harmonie avec la nature et par exemple ne craignent pas les ours qui sont plusieurs par là et qu’ils observent régulièrement, ils leur même donné des noms! Alessandro nous dit:  » j’ai compris que je ne pouvais pas changer le monde mais je peux changer mon monde » .
Il était midi et timidement nous demandâmes si il était possible de grignoter quelque chose. Pas de problème, et nous dégustâmes un vrai repas comme nous n’en avions pas mangé depuis longtemps. Je vous décris: des gnocchis faits maison par la nonna arrosés de beurre et de fromage fait maison aussi suivis d’une souris d’agneau ėlevė par Alessandro accompagnée d’une sauce aux olives noires. Un pur moment de bonheur pour un prix dérisoire et pour terminer le café nous a été offert…
Nous repartîmes le coeur léger et la pluie avait eu la sagesse de s’arrêter, le soleil était revenu.
Nous arrivions dans le Frioul et avions prévu un camping à Gemona.
Gemona, nous ne connaissions pas ce nom, nous semblait bien neuf et en chantier.
Pendant que Michel dessinait je découvris que cette ville se trouvait sur l’épicentre d’un tremblement de terre meurtrier en 1976. La gestion de la reconstruction et des traumatismes est considérée aujourd’hui comme un modèle. A l’époque la gestion de la crise et des crédits a été confiée aux acteurs locaux ce qui était exceptionnel mais fut une réussite et sert de référence aujourd’hui.
Gemona a été et est encore rebâtie å l’identique.
Voilà comment une journėe commencée sous de mauvaises augures peut finallement être passionnante.


La ville de Gemona Frioul


Photo prise au musée


Ces photos ont étė prises dans les campements de fortune

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Le guide incontournable de la Slovénie, les 10 points forts, les 10 points faibles!!!

Si vous vous rendez en Slovénie, voila ce que vous apprécierez:

-C’est vert,trés vert, des forêts qui recouvrent une grande partie du territoire, des massifs montagneux, des prairies fleuries,des fermes imposantes où rien ne traîne, et de beaux jardins, et aussi plein de gros animaux ( au moins 400 ours mais difficiles à apercevoir…)

-des rivières et des torrents tumultueux aux eaux turquoise qui invitent à la baignade, en particulier la vallée de la Soca paradis des pêcheurs à la mouche et des adeptes des sports d’eaux vives.

-les slovènes sont naturellement écolos. Chacun cultive son jardin. Il y a des poubelles de tri partout. Dans les campings, on vous donne au moins 4 grands sacs en plastique de couleur différente…Bien réfléchir avant d’y mettre ses déchets, c’est complexe.

– en ville on circule à vélos quelque soit son âge. Les pistes cyclables abondent.Traverser Lubljana la capitale dans tous les sens est un vrai bonheur. Un bémol cependant, les conducteurs slovènes, sortis des agglomérations, adoptent la conduite balkana italiana ( peut être pour assouvir leur frustration d’avoir laisser passer vélos et piétons dans la ville qu’ils viennent de traverser ou peut être parce qu’ils ne sont plus filmés?).

-les villes sont vraiments magnifiques.Vous allez adorer Lubljana, élégante,animée, à l’architecture trés harmonieuse, aux nombreuses façades art nouveau, d’un calme reposant. Vous ne pourrez pas prendre une photo sans au moins une bicyclette. Leur ballet incessant vous fera penser à une nuée d’hirondelles. Vous aimmerez les jolis ponts , celui avec les dragons en particulier. Le dragon, symbole de la ville. On raconte que Jason, après avoir volé la toison d’or remonta le Danube puis la Sava et rencontrant un dragon dans les marais l’occit bien vite et fonda la ville.

-dans la campagne vous pourrez admirer les ponts en bois couvert et aussi les kovolec, séchoirs à foin de toute beauté.

-vous ne verrez aucun chien qui divague et vous n’en entendrez aucun aboyer, cela est vraiment incroyable.

-vous y ferez sans doute des rencontres surprises. Nous avons croisé des copains à Maribor qui étaient partis eux aussi en voyage à vélo mais pas du tout sur le même trajet. Deux jours après nous rencontrons un petit jeune sur son vélo lui aussi. Nous sommes quasiment voisin, il nous connait par ouie dire ( la notoriété quand même! ) et encore plus étonnant il était invité au mariage de la fille des copains rencontrés deux jours plus tôt, juste avant leurs départs respectifs, vous suivez?).

Si vous vous rendez en Slovénie,voila peut être ce que vous n’aimerez pas:

-un côté allemand autrichien bien marqué,c’est normal, la Slovénie a été dominée par les Hasbourg pendant des centaines d’année.
Donc une rigidité certaine et un respect du réglement qui ne supporte pas un manquement. Les vélos attendent au feu rouge de la piste cyclable même si aucune voiture est en vue. Si on vous salue en allemand ( ce qui est fréquent) répondez en slovène « dobordan » , vous aurez un succès certain.

– dans les villages , les pelouses et bords de route sont impeccables. Pas un brin d’herbe ose se pointer au dessus de ses voisins. Les nains de jardin peuvent même vous regarder d’un air suspicieux. Le mot fantaisie semble inconnu dans ce pays.

-vous ne verrez pas de vaches dans les prés mais pourtant beaucoup de balles de foin. Michel pense que c’est pour ne pas salir les routes quand elles rentrent ou sortent de l’étable. Du coup vous ne mangerez pas de bons fromage.

-Si vous voulez vraiment vous mettre au slovène, il vous faudra un long entrainement. Nous n’avons pas compris comment prononcer des mots qui ne comportent que des consonnes.

– pour la première fois depuis le début du voyage et contrairement à Sicile, Italie, Grèce, Bulgarie, Serbie, Croatie nous n’avons vu aucun clandestin, ni aucun noir,arabe, rom…, et pourtant aux élections de juin, c’est le parti d’extrème droite, violemment xénophobe qui est arrivé en tête avec 25% des voix, inquiétant et dommage pour ce petit pays si tranquille..

– et pour finir vous mettrez un turbot dans votre moteur ou vos mollets. Les pentes entre 10 et 17% sont légion. Michel, toujours lui, pensent que les français devraient venir apprendre aux slovènes à bâtir les routes. On se demande comment ils font pour renter chez eux l’hiver quand il y a de la neige.

-et évitez le mois de juillet, c’est le plus humide, nous l’avons vérifié.

Bref, dépêchez vous d’y aller, c’est un tout petit pays, grand comme la Bretagne , tout près de chez nous où il fait encore bon vivre.


Dans les alpes juliennes


Au bord de la socca


Un rare slovène avec un petit air coquin


Le pont aux dragons å Lubljana


Ca c’est une ferme, admirez la propreté!


Les copains..


Celui là était un peu plus jovial, c’était la journée des mineurs, il avait bien arrosé


Bivouac tranquille


Sofja Loka et son quartier médiéval


Encore une de Luubljana

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Serbie et Croatie, deux pays meurtris et sur le fil du rasoir

Pour commencer, toutes mes excuses pour les nombreuses fautes d’ortographe et les erreurs de frappe dans le précédent article!
Je l’ai rédigé vite fait sans me relire, à l’alliance française de Belgrade, je m’étais incrustée à un vernissage. Les petits fours et canapés trés français étaient délicieux mais il n y avait rien à boire, j’ai trouvé ça bizarre et regrettable…
Mais pourquoi Belgrade en Serbie, alors que je vous avais laissés à Sofia en Bulgarie.
Nous savions qu’il allait falloir prendre un train pour avancer un peu plus vite si nous voulions retrouver la famille début août.
Après moultes réflexions et conciliabules autour des cartes et vue notre récente expérience ferroviaire bulgare qui fut concluante, décision fut prise. Achat des billets, embarquement des vélos sans souci, le train pouvait s’ébranler. Il était bien vieux et brinquebalant ( j’ai l’impression que c’était le même qu’ il y a 27 ans lors d’un précédent voyage!!) , à la frontière le contrôleur serbe trés zélé nous fit payer 1 euro par vélo, une journée pour faire 400km, 2h30 de retard mais nous arrivâmes à bon port…

Nous nous sommes plus à Belgrade. La ville se situe au confluent du Danube et de la Sava. Son port fluvial, trés important, se trouve sur un axe majeur entre mer du Nord et mer noire. Les restaurants flottants sont bien animés, les bateaux commerciaux, de loisir ou de croisière sillonnent le fleuve sans répit. L’atmosphère en ville est un mélange d’arrière garde communiste et de libéralisme consumérisme éffréné, c’est une ville où les jeunes européens viennent faire la fête. Il y a des parcs superbement entretenus partout. On veut oublier le terrible embargo commercial, financier et même sportif des années 80, les bombardements de l’Otan, c’est notre première prise de conscience de cette sale guerre et ce n’est qu’un début.


Des façades art déco trés jolies


Mais aussi pure architecture stalinienne


Le soir tous les jeunes viennent admirer lecoucher de soleil sur le Danube depuis la forteresse


Les joueurs d’échecs dans les parcs


Mais la guerre n’est pas oubliée. Les serbes veulent connaitre la vérité sur leurs disparus.

Nous choisîmes de quitter Belgrade en suivant d’abord le Danube puis la Drava, un de ses affluents qui prend sa source dans le Haut Adige en Italie puis s’écoule entre Autriche et Slovénie puis entre Croatie et Hongrie. Le paysage est monotone, immense plaine de la Voïvodine, grenier à céréales où vivent plus de 20 minorités, nous commençons à appréhender la complexité de cette guerre, nous essayons de nous documenter.
Pédaler dans ces immensités plates, est un peu ennuyeux et morne mais les petites villes sont magnifiques en particulier Novi Sad et les bivouacs au bord du fleuve sont magiques ( na pas oublier de s’enduire de produit antimoustiques!)


Novi Sad

Puis ce fut la frontière avec la Crotie. Nous n’avions fait que quelques kilomètres et ce fut le choc. Comment vous traduire en mots: des villages dont la moitié des maisons sont abandonnées, criblées de balles, des monuments funéraires un peu partout, personne dans les rues, pas d’enfants qui jouent, on regrette même les aboiements des chiens…
Nous arrivâmes à Vukovar, ville assiégée par les serbes pendant 3 mois dans l’indifférence totale des européens. Des centaines de morts, des actes de barbarie, nous sommes vraiment mal à l’aise et surtout dans une incompréhension totale. De chaque côté de la frontière nous avons vu les mêmes paysans, les mêmes pêcheurs à côté de leur caravane. Pourquoi tant de haine ?
Vukovar a été entièrement détruite. Aujourd’hui l’Europe a investi énormément d’argent pour tout recontruire, ravalé les nombeux palais des 18ème et 19ème siècle. Mais l’atmosphère est d’une tristesse sans nom.


Personne ne reviendra..

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Le chateau d’eau de Vukovar, symbole de fierté et de résistance. Le drapeau croate y a toujours flotté.Pilonné des centaines de fois il a tenu bon. Il est en réfection maiq seulement l’intérieur, ses murs garderont leurs cicatrices.


La gare

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L’hôtel est une coquille creuse…

Un moment fort de notre voyage que nous n’oublierons pas . Nous essayons de comprendre, mais c’est une histoire trés embrouillée.
Les deux pays sontencore sur le fil du rasoir. A Vukovar, il y a une seule école maternelle avec deux entrées séparées, les enfants croates dans une classe, les enfants serbes dans une autre, les maitresses les incitent à ne pas jouer ensemble dans la cour..

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