En musant…


En musant…

Serbie et Croatie, deux pays meurtris et sur le fil du rasoir

Pour commencer, toutes mes excuses pour les nombreuses fautes d’ortographe et les erreurs de frappe dans le précédent article!
Je l’ai rédigé vite fait sans me relire, à l’alliance française de Belgrade, je m’étais incrustée à un vernissage. Les petits fours et canapés trés français étaient délicieux mais il n y avait rien à boire, j’ai trouvé ça bizarre et regrettable…
Mais pourquoi Belgrade en Serbie, alors que je vous avais laissés à Sofia en Bulgarie.
Nous savions qu’il allait falloir prendre un train pour avancer un peu plus vite si nous voulions retrouver la famille début août.
Après moultes réflexions et conciliabules autour des cartes et vue notre récente expérience ferroviaire bulgare qui fut concluante, décision fut prise. Achat des billets, embarquement des vélos sans souci, le train pouvait s’ébranler. Il était bien vieux et brinquebalant ( j’ai l’impression que c’était le même qu’ il y a 27 ans lors d’un précédent voyage!!) , à la frontière le contrôleur serbe trés zélé nous fit payer 1 euro par vélo, une journée pour faire 400km, 2h30 de retard mais nous arrivâmes à bon port…

Nous nous sommes plus à Belgrade. La ville se situe au confluent du Danube et de la Sava. Son port fluvial, trés important, se trouve sur un axe majeur entre mer du Nord et mer noire. Les restaurants flottants sont bien animés, les bateaux commerciaux, de loisir ou de croisière sillonnent le fleuve sans répit. L’atmosphère en ville est un mélange d’arrière garde communiste et de libéralisme consumérisme éffréné, c’est une ville où les jeunes européens viennent faire la fête. Il y a des parcs superbement entretenus partout. On veut oublier le terrible embargo commercial, financier et même sportif des années 80, les bombardements de l’Otan, c’est notre première prise de conscience de cette sale guerre et ce n’est qu’un début.


Des façades art déco trés jolies


Mais aussi pure architecture stalinienne


Le soir tous les jeunes viennent admirer lecoucher de soleil sur le Danube depuis la forteresse


Les joueurs d’échecs dans les parcs


Mais la guerre n’est pas oubliée. Les serbes veulent connaitre la vérité sur leurs disparus.

Nous choisîmes de quitter Belgrade en suivant d’abord le Danube puis la Drava, un de ses affluents qui prend sa source dans le Haut Adige en Italie puis s’écoule entre Autriche et Slovénie puis entre Croatie et Hongrie. Le paysage est monotone, immense plaine de la Voïvodine, grenier à céréales où vivent plus de 20 minorités, nous commençons à appréhender la complexité de cette guerre, nous essayons de nous documenter.
Pédaler dans ces immensités plates, est un peu ennuyeux et morne mais les petites villes sont magnifiques en particulier Novi Sad et les bivouacs au bord du fleuve sont magiques ( na pas oublier de s’enduire de produit antimoustiques!)


Novi Sad

Puis ce fut la frontière avec la Crotie. Nous n’avions fait que quelques kilomètres et ce fut le choc. Comment vous traduire en mots: des villages dont la moitié des maisons sont abandonnées, criblées de balles, des monuments funéraires un peu partout, personne dans les rues, pas d’enfants qui jouent, on regrette même les aboiements des chiens…
Nous arrivâmes à Vukovar, ville assiégée par les serbes pendant 3 mois dans l’indifférence totale des européens. Des centaines de morts, des actes de barbarie, nous sommes vraiment mal à l’aise et surtout dans une incompréhension totale. De chaque côté de la frontière nous avons vu les mêmes paysans, les mêmes pêcheurs à côté de leur caravane. Pourquoi tant de haine ?
Vukovar a été entièrement détruite. Aujourd’hui l’Europe a investi énormément d’argent pour tout recontruire, ravalé les nombeux palais des 18ème et 19ème siècle. Mais l’atmosphère est d’une tristesse sans nom.


Personne ne reviendra..

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Le chateau d’eau de Vukovar, symbole de fierté et de résistance. Le drapeau croate y a toujours flotté.Pilonné des centaines de fois il a tenu bon. Il est en réfection maiq seulement l’intérieur, ses murs garderont leurs cicatrices.


La gare

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L’hôtel est une coquille creuse…

Un moment fort de notre voyage que nous n’oublierons pas . Nous essayons de comprendre, mais c’est une histoire trés embrouillée.
Les deux pays sontencore sur le fil du rasoir. A Vukovar, il y a une seule école maternelle avec deux entrées séparées, les enfants croates dans une classe, les enfants serbes dans une autre, les maitresses les incitent à ne pas jouer ensemble dans la cour..


3 commentaires

  • Patou a écrit :

    Nous avons toujours un grand plaisir à te lire Régine, fautes ou pas!
    La diversité des paysages, des âmes, de leur vies paisibles ou de leurs tourments….ces différences qui font le merveilleux et le pire …..vous êtes témoins de tout cela et vous le partagez avec nous…. Merci de déranger notre petite vie bien tranquille et bien réglée .
    Mille bisous …..on attend votre retour !!!!

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  • Veloescargot a écrit :

    Les Balkans étaient dans les années 80,
    Raisonnablement ! Un groupe de braves voisins…
    Puis =
    Cause nationalisme et cultes différents…
    Les amis de Yougoslavie se sont haïs
    Les marchands de canons, eux, s’en sont réjouis !
    Quelle ânerie les religions !
    Même maintenant =
    Une amie dalmate, nous racontant ses tourments :
    Les règlements de comptes sont encore très fréquents
    Quelle connerie la guerre !

    Véloescargot

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  • Pauline a écrit :

    Merci de rendre aussi bien les difficultés et la tristesse de cette sale guerre
    Amitiés cyclotes.

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