En musant…


En musant…

En Calabre le massif de la Sila, le Jura comme si vous y étiez..

Pas de photos du massif de la Sila…elles ont toutes mystérieusement disparues de l’appareil, certainement un coup de la mafia, c’est possible, elles vous auraient attirés ici tellement c’était joli et les calabrais n’ont pas l’air d’avoir envie d’être envahis par les touristes…
Donc pour résumer: des montagnes , des prairies fleuries de narcisses, des champs d’orchidées, des lacs aux eaux limpides, des oiseaux pépiant à tue tête, des forêts de sapins, de pins, de hêtres et de chênes, des torrents, bref presque le Jura.
Et cerise sur le gâteau, comme chez nous parfois au printemps de la pluie, du brouillard et du froid.
Et bien sûr des côtes. Les jurassiens comprendront, les autres nous rendront visite , ça sera mieux que les photos.
Nous avons bivouaqué dans les bois, essayant vainement de faire du feu pour sécher un peu, mais aussi dormi dans un drôle d’hôtel immense, avec plein de marbre partout où nous étions tout seuls.
D’ailleurs pendant 5 jours, on n’a vu personne…
Pas un touriste ici, les rares campings sont fermés. Mais une vraie ambiance montagne, des bords de routes propres, des chemins de randonnée balisés et des autochtones un peu plus aimables.
Le massif de la Sila, ce sera notre meilleur souvenir de la Calabre car la côte bof, bof…

Nous avons regagné la côte avec le projet de rejoindde les Pouilles en train ou en bus pour éviter la seule affreuse route qui longe le bord de mer. Il faut vous dire qu’ici on conduit le téléphone greffé à l’oreille, à toute allure, les enfants sur les genoux des parents…
Mais grosse déception, plus de trains régionaux, seulement des intercity qui refusent les vélos, et pour les bus c’est au bon vouloir du chauffeur ( comme chez nous..) et le chauffeur il n’a pas voulu!
Il a fallu regrimper un peu dans les montagnes, faire des tours et des détours poursuivis par les orages, se dépêcher pour éviter les gouttes, nous étions un peu fatigués du pays.

Mais la roue tourne et nous sommes finallement parvenus à Matera une ville située dans la province de la Basilicate , à la porte des Pouilles.
Et cette ville nous a ravis malgré les touristes ( les premiers qu’on voyait depuis 15 jours) et les hordes d’élèves en voyage scolaire, il faut simplement savoir s’y perdre et éviter les quelques points surfréquentés.

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Matera est une des plus anciennes villes du monde. Les  » sassi » sont deux quartiers de maisons creusées, à flan de ravin, dans la roche calcaire avec souvent une façade devant bâtie avec les matériaux extraits. Les maisons sont empilées, enchevêtrées, parfois s’ étagent sur 10 niveaux, vous pouvez avoir la cheminée du voisin de dessous dans votre cour, les escaliers dégringolent , au détour des ruelles des chapelles avec des fresques bysantines ou normandes, il en a été dénombré plus de 150.

Aujourd’hui ces habitats troglodytes ne sont plus habités par la misère. Jusqu’en 1950, 18000 personnes s’entassaient là, dans des conditions effroyables, une famille de 10 personnes partageant une pièce avec les animaux, la honte de l’Italie.
Un écrivain, antifasciste, Carlo Levi, assigné à résidence dans la région, avait créé l’onde de choc en écrivant son livre  » le christ s’est arrêté à Eboli » ou il parle d’une terre abandonnée par les dieux.
Les habitants ont été évacués de force et la ville vidée.

Le cinéma s’est emparé des lieux et plusieurs films ont été tournés dans ces décors bibliques.
Et puis petit à petit Matera renait, elle a été classée au patrimoine mondial de l’unesco pour son architecture unique, son système complexe de récupération d’eau, de ventilation , son mécanisme de stockage des déchets, seule la surpopulation en avait eu raison, transformant les égouts et les citernes en habitations.
Peu à peu la vie recommence ici, désormais il est autorisé à revenir y habiter, espérons que le lieu ne devienne pas qu’un musée à ciel ouvert.
Matera sera la capitale européenne en 2018.

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De Charybde en Scylla

2o petites minutes en ferry pour traverser le détroit de Messine et nous posons les roues en Calabre.


On aperçoit « la Madonne de la lettre « , sainte patronne de Messine à l’entrée du port. Il est dit que la vierge aurait adressé une missive aux habitants de Messine pour les bénir en l’an 42 après JC. Sa protection aura duré un certain temps, malheureusement tout a une fin. En 1908 Messine a été entièrement détruite par un tremblement de terre suivi d’un tsunami, le plus important enregistré en Europe.

Il a fallu que nous venions ici pour apprendre l’histoire de l’expression  » tomber de Charybde en Scylla », c’est à dire aller de mal en pis ou éviter un malheur pour tomber dans un autre autre.

Petit cours de mythologie. C’est une histoire de femmes, c’est bien connu le malheur ne peut venir que d’elles!
Charybde fille de Poséidon et Gaïa était continuellement affamée. Après plusieurs bêtises dues à sa gloutonnerie, elle fut punie par Zeus qui l’envoya au fond du détroit de Messine. Trois fois par jour elle doit avaler puis recracher l’eau du goulet.
Scylla était une gentille nymphe qui a été transformée en monstre hideux par sa rivale en amour et envoyée sur un promontoire à l’entrée du détroit. A chaque passage de navire, elle prélève son tribut de chair humaine. Ulysse qui passait par là, n’écoutant pas les conseils qui lui avaient été prodigués y laissa six marins…
Toute cette histoire pour illustrer la dangerosité de cette passe. Deux difficultés à éviter, un tourbillon et des écueils, éviter le premier c’est se jeter sur les seconds. Mais il ne nous est rien arrivé!

Aujourd’hui Scilla est une jolie ville de pêcheurs, aux maisons toutes emmêlées, certaines au ras de l’eau avec un petit bateau amarré.

Nous avons observé des bateaux plus gros qui passaient et repassaient non loin de la rive, deux veilleurs assis tout en haut du mât
(bonjour le mal de mer!). Ils guettent les espadons et avertissent les pêcheurs du bateau.

Nous avons encore assisté à un mariage qui a duré, duré… mais c’était dans une jolie petite église au bord de l’eau et il y avait une dame avec une voix magnifique qui nous a enchantés. Et j’ai été aspergée d’eau bénite par le prêtre. Ma protection est assurée.

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Encore de belles toilettes, des belles filles, Michel a apprécié.. la voiture…

Nous avons ensuite suivi la côte violette jusqu’à Palmi le long de la mer thyrénéenne puis avons traversé le massif de l’ Aspromonte, d’ouest en est pour retrouver la mer ionienne. Cette montagne est connue pour être le sanctuaire de la ‘Ndrangueta, la mafia la plus puissante et la plus dangereuse du monde qui contrôle le traffic de la cocaïne en Europe sans compter d’autres activités bien sales
et qui touche sa dîme sur chaque bateau de migrants qui arrivent…

Au col, apès 900m de montée, un petit producteur local: ah le bon pecorino, le salami et surtout la bière fraiche!

Une drôle d’atmosphère sur cette côte. Par exemple à Siderno, des bandes de jeunes, apparemment désoeuvrés, mais vêtus dernier cri, iphone en mains.Ici le moindre petit concessionnaire de voitures affiche les pubs pour les marques les plus prestigieuses: ferrari, aston artin , mercedes…
Personne nous parle, voire même nous regarde, mais pas d’hostilité juste de l’indifférence, on regrette la jovialité des siciliens qui nous lançaient souvent » complimenti » en levant le pouce, ça gonflait notre ego!

La côte est trés peu aménagée, l’eau est turquoise, les plages magnifiques et désertes. Il faut dire que la ligne de train se déploie tout au long de la mer. Accéder à la plage est impossible sauf dans les villes traversées!

Et nous arrivâmes à Catanzaro, la pire journée du voyage. Cyclistes, N’ALLEZ PAS A CATANZARO!.
-c’est perché sur une montagne trés escarpée avec des viaducs, des échangeurs qui se superposent, des tunnels
-c’est pavé de grandes dalles noires, en vélo c’est l’enfer
– il semble y avoir des funiculaires mais ils ne fonctionnaient pas
-il n’y a que des hôtels chers
-s’orienter même avec le gps nous fait tourner la tête
-et le premier mai tout est fermé
Bref on n’aime pas Catanzaro.
On a fini par trouver la gare. Un petit train va nous emmener dans le massif de la Sila.

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Allons à Messine….

Pas pêcher la sardine, nous n’avons jamais non plus pêché le hareng à Lorient… Nous sommes à Messine, il fait froid, Michel porte doudoune et bonnet,nous n’avons même pas envie de ressortir lécher une glace, nous aurons peut être un peu plus chaud en Calabre…

Résumé des derniers épisodes: de Palerme nous suivîmes la côte vers l’est et arrivâmes à Cefalù. Beaucoup de circulation , ce ne fut pas trés agréable et j’ai bien ronchonné. Réticente à grimper dans ces grandes montagnes qui nous faisaient de l’oeil, je fus vite convaincue que c’était la seule solution pour échapper aux bolides.Et c’est ainsi que malgré la pluie annoncée, nous décidâmes de partir à l’assaut des Madonie et des monts Nebrodi qui culminent à 1300 mètres.

Auparavant , nous nous sommes attardés à Cefalú. Nous avons découvert un joli port médiéval, un peu touristique et bien propre mais il y avait du soleil…Une cathédrale forteresse bâtie par les normands, dressée au pied d’un énorme rocher planté en bord de mer, un magnifique lavoir, alimenté par une rivière souterraine où les lavandières devaient avoir les doigts bien gourds à manier le battoir et tordre le linge, tant l’atmosphère y est  » crue » ( les vieux jurassiens comprendront le terme! ) Michel l’a quand même dessiné, toujours avec la doudoune…

Finalement la pluie n’a duré qu’une après midi, nous avons eu un peu de ciel bleu. Et nous n’avons pas regretté notre choix. Certes, il a fallu appuyer sur les pédales, pousser un peu mais pas tant que ça et la récompense a été au rendez vous. Des montagnes sauvages, des fleurs partout: le rouge cramoisi du sainfoin d’Italie, le mordoré des genêts, le vert anis des fenouils, les orchidėes.. et ça sentait bon! Nous avons vu des vraies vaches avec des cornes et retrouvé l’ Etna sur son autre versant, il avait du neigé depuis la dernière fois, il était plus blanc. Pas de camping dans ces contrées, le premier jour (celui de la pluie ) nous avons été accueillis par une famille sicilienne, ensuite de chouettes bivouacs…

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Parout des  » borgos » , villages abandonnés, projets de Mussolini.

Nous avons cheminé de villages trés perchés en bourgades tranquilles, de Castelbuono, Gangi, Nicosia, Troina, Cesaró à Randazzo puis il a fallu monter un col jusqu’à 1150 mètres avec la motivation de savoir que la descente sur la mer allait être grisante.
Ce sera certainement notre plus beau souvenir de cette île.

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Il faut faire le plein d’eau dans la vache à eau avant de chercher un endroit pour bivouaquer.

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A Cesaró , un viellard attire notre attention sur les statues du juge Falcone et Borsellino juges assassinés par la mafia.

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Palerme

Nous arrivâmes à Palerme sous une averse, bien sûr à 16h30, heure de pointe comme partout.
Quelques mots sur la conduite des siciliens
Les amateurs de polar connaissent peut-être Montalbano, le commissaire dans les livres de Camilleri, auteur sicilien. Il dit:
« Les siciliens utilisent le code la route comme papier toilette ».
Ce n’est pas tout à fait la réalité. A la campagne et en montagne la conduite est bienveillante envers les cyclistes, pas de dépassement trop serré, un léger coup d’avertisseur pour prévenir…mais en ville, une fantaisie débridée se joue à chaque coin de rue. Les conducteurs ne respectent aucune règle: ni les feux, ni les stops, ni les priorités ils déboitent, doublent à droite, reculent, se garent n’importe où…et klaxonnent ..
Une fois que vous avez compris, vous gardez en permanence 3 doigts de chaque côté sur les freins, vous branchez le périscope sur le casque et surtout vous vous imposez. Et alors miracle,  » ça le fait »! Et personne ne vous regardera d’un air furibond. si vous conduisez à la sicilienne…
En fait les seules redoutables, ce sont les petites vespas, ces guêpes qui se faufilent partout et qui ne vous font pas de cadeaux.

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Nous avons vraiment aimé Palerme.
Elle a conservé de trés nombreuses traces et empreintes de son riche passé, au carrefour des civilisations entre Orient et Occident.
Ce n’est pas une ville musée, ce qui nous a enchanté.
C’est une ville vivante, au coeur palpitant. Dans les venelles , le linge tendu entre les balcons, les petits marchés témoignent que ses habitants , modestes, sont encore là et pas repoussés en périphérie.

n sûr, c’est une princesse déchue, les façades se lézardent, les balcons sont branlants, l’habitat y est sûrement souvent insalubre.

Mais le charme joue. Nous avons marché, flané , déambulé, découvrant des monuments en piteux état, des palais abandonnés, des églises
baroques, bysantines,à l’architecture chrétienne et musulmane, le marché de Ballaró où nous avons dégusté une part de « sfincione » pizza qu’on ne trouve qu’à Palerme faite avec une pâte levée deux fois , simplement garnie de tomate et de fromage, tellement moëlleuse, et bien sûr les nespoles, les fameuses nèfles!
Dans les petites ruelles les petits artisans sont encore là, ce qui fait le bonheur de Michel qui adore les regarder travailler!

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La visite du palazzo Mirto, qui parait il, n’est pas le plus fastueux, nous a fait mesurer l’opulence et la richesse dans laquelle vivait une famille aristocrate , celle des Filangeri, 38 pièces avec débauche d’oeuvres d’art, tapisserie, meubles rares, vaisselles de porcelaine , horloges, livres, lustres, chinoiserie, vielles calèches dans les écuries, tout cela peu entretenu et protégé.

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Nous avions envie de rester plus longtemps mais il y a encore du chemin à faire!

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D’Agrigente à Trapani, la Sicile africaine

Cette façade là regarde décidément bien les côtes lybienne et tunisienne mais aussi l’île de Lampedusa où échouent les nouveaux migrants des temps  »modernes ».

Ici se sont succédés phéniciens, grecs, byzantins, arabes puis au 11ème siècle sont arrivés de Normandie des petits nobliaux. Chacun marqua l’île de son influence, y laissant de nombreux témoignages , tout s’est mêlé, mélangé, superposé. Les jésuites espagnols sont arrivés ensuite, il fallait ramener les ouailles égarées dans le sein de l’église, ce sera du foisonnant, du grandiose, bref le baroque s’empara de l’île.

Nous allons découvrir toutes ces merveilles, pédalant d’une ville à l’autre, sans nous presser.
Ce sera Agrigento et la vallée des temples, vaste site archéologique où nous apprécions le génie des grecs.

Après Agrigente, la plage scala dei Turchi bordée de hautes falaises calcaires

Puis après un petit détour dans la montagne( où ça grimpait sec) nous arrivons à Mazarazara del Vallo pour laquelle nous éprouvons un vrai coup de coeur.
Michel s’installe sur la pazza della Republica, une place qui a de l’allure avec palazzo, cathédrale sur le fronton de laquelle le prince Roger d’Hauteville piétine un sarasin…

Pendant ce temps je pars à la découverte de la casbah qui n’a pas changé depuis des siècles et où vivent les immigŕés africains employés dans la pêche ou les champs. Ce sont d’ailleurs les seuls qui se déplacent à vélos!
J’attends 16h pour rentrer dans les églises ( avant c’est ville morte, tout est fermé…)Tout est baroque â souhait, dorures, angelots, chérubins potelés, pas un endroit vacant pour reposer les yeux!

Surprise, j’assiste à notre traditionnel mariage ( à chaque voyage on « tombe » sur une cérémonie), débauche de belles toilettes, talons aiguilles, costumes croisés et chaussures cirées. Personne n’oublie de tremper les doigts dans le bénitier et de se signer.

Les dénivelés, ça commençait à bien faire, alors nous rejoignons Marsala puis Trapani, longeant la côte, traversant les vignes puis les marais ssalants, parfois de drôles de rencontres…

Après notre traditionnel mariage, à Trapani ce sera notre traditionnelle procession ( même remarque que plus haut) celle ci , c’est pour honorer San Francesco de Paola, venu de Calabre, traversant le détroit de Messine sur un tapis qui flottait sur l’eau. Logiquement il devint le protecteur des pêcheurs, il y avait foule et une surprenante fanfare jouant des airs totalement profanes accompagnait ce moment festif.

De Trapani un téléphérique nous a monté jusqu’à Erice, un bourg médiéval un peu trop touristique à notre goût.Mais de là haut nous avons une vue superbe qui se dérobe de temps à autre sous l’assaut des écharpes de brume et l’air y est bien frisquet..

Dans une église, encore une, une intéressante collection de personnages de cire sous cloche de verre et des personnages en bois peints que l’on promène lors des processions.

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