En musant…


En musant…

Espagne , le retour

Parce qu’il ne faut pas rester dans un inachevé, nous voilà sur le départ… et nous retournons en Espagne! D’abord les Baléares, ensuite nous aviserons. La date de retour n’est pas fixée. Nous embarquons demain soir sur un ferry de Barcelone à Mahon , capitale de Minorque.

Nous arriverons en pleines festivités de Pâques, il parait que tout est fermé pendant 4 jours mais j’ai prévu les provisions. D’ailleurs cette année je me lance dans des expériences culinaires, j’ai même appris à faire du pain sur du feu de bois… marre de ne manger que des pâtes  » à rien » (Eric me comprendra!). Je vous tiendrai au courant de mes réussites et mes ratages.

Pour une fois nous partons avec le beau temps, plus de neige sur les hauteurs. Pourtant la neige du coucou n’est pas encore arrivée, nous y échapperons.

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la feria de San Miguel à Arcos de la Frontera

Nous arrivâmes à Arcos , notre premier pueblo blanco, tout semblait désert, tout était fermé. Bizarre… Un policier de la gardia civil, que nous interrogeâmes trés poliment, nous informa que: le camping était fermé pour cause de travaux et que tout était fermé pour cause de feria.

Il fallut trouver un hôtel mais plus de place dans les hôtels pas chers indiqués dans notre bon vieux guide, alors soyons fous et prenons une chambre dans un établissement un peu plus sélect, ce sera un ancien relais de chavaux, tenu par un genevois, trés beau ( l’ hôtel pas le taulier, lui semblait un peu marlou…) ,une chambre décorée à la marocaine,un lit de 2 mètres de large, ce qui ne nous a pas empêchés de sortir le bleuet pour préparer notre thé matinal.

En route pour participer à la feria! Nous contemplâmes, pour commencer, la parade des chevaux: cavaliers et cavalières passent et repassent, fiers sur leurs montures andalouses parfaitement dressées. Ils se font longuement admirer et applaudir.tmp_7952-1050744_1475600354331_3-553854436tmp_7952-1050709_1475600354842_41384236318tmp_7952-1050781_1475600332471_32077773136

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De grandes cabanes sont installées. Nous comprenions que chacune avait été décorée par des membres d’associations. Elles étaient bondées et le bruit y était indescriptible. Il fallait voir les mamies ( de mon âge ou plus) se trémousser sur des airs de madison. Dans la cabane des jeunes, une foule compacte, le verre à la main, s’agite sur la musique cubaine, entendue, l’an dernier à la fête de Baracoa, moment d’émotion….

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Les membres des associations mangent et boivent à volonté et gratuitement dans ces cabanes. Alors imaginez l’ambiance….

Bizarrement les 2 cabanes un peu désertes, étaient celle de la sagrada familia ( un truc catho) et celle du parti communiste, là ça discutait sérieusement et la bière n’y coulait pas flots.

J’ ai oublié de vous dire que les filles de 0 à 80 ans portent de magnifiques costumes andalous, chaussures à talons ( même les petites), les hommes tous en chemises repassées, bottes reluisantes.

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Un peu plus loin, il y avait la fête foraine, beaucoup de monde là aussi.

Nous avons été conquis par cette fête, Michel était content parce que c’était aussi la sienne!

Nous visitâmes quand même Arcos, beau village et nous constatâmes que seuls quelques touristes erraient, appareil photo en bandoulière, tout le village participait bien à la feria…

 

 

 

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la tête mais aussi les jambes

Nous ne sommes pas toujours juchés sur nos vélos, pédalant à perdre haleine. Et il aurait été bien dommage de ne pas faire des pauses prolongées à Cordoue puis Séville.

Cordoue: son vieux quartier juif se love autour de la mezquita, sa grande mosquée. Cordoue ce fut une des plus grandes villes de l’occident,vaste empire économique et culturel où  juifs, chrétiens et musulmans vivaient dans une certaine harmonie. Toute l’intelligencia européenne s’ y retrouvait pour débattre, échanger, enrichir et développer les connaissances. Quel a été notre émerveillement dans cette forêt de colonnes où les jeux de perspective et de lumière attirent et enchantent les yeux… dommage qu’à la suite de la reconquête les rois catholiques crurent judicieux de construire une cathédrale en plein milieu. La légende raconte qu’ au vu du résultat, ils eurent des regrets…Cordoue, c’est aussi tous ces patios frais, fleuris, où murmure toujours un filet d’eau, tout un art de vivre.

 

 

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Sėville: nous ne pouvons pas échapper à la cathėdrale, gigantesque, symbole de la victoire de la chrétienté sur l’islam., une des plus vastes au monde. A l’intérieur tout est demesuré, la hauteur, la largeur, l’ornementation, le décor. Nous sommes écrasės par toute cette lourdeur mais c’est normal, il y des tonnes d’or. Les chanoines n’ ont gardé que le minaret, la Giralda, à l’époque lui aussi monument le plus haut du monde. Curieux comme chaque religion essaie de construire plus haut , plus grand, plus  »beau ». Bien sûr nous avons admiré le travail des artisans qui ont peint, sculpté l’ébène de Cuba, martelé or et argent, taillé la pierre mais l’émotion n’ a pas été au rendez vous.

 

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Mais à Séville il y a l’Alcazar bâti sur un ancien palais musulman. Nous y sommes restés une journée entière: merveille et fascination. Différents styles s’y déploient, se mêlant harmonieusement. Place aux rêves, des siècles d’histoire inscrits dans ces murs…  Et les azulejos, ces petits carreaux de terre émaillés, j’en ai les yeux qui pétillent à les contempler! Sans oublier les jardins où nous passons du temps au frais, loin des bruits de la ville. L’Alcazar demeurera dans nos souvenirs.

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Il y aurai encore tant de choses à  vous conter mais le temps presse , demain nous prenons le train jusqu’à Jerez de la Frontera d’où nous repartirons dans la montagne.

 

 

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la plaine du Guadalquivir

Nous partîmes de Cordoue le dimanche. Quel plaisir de rouler au petit matin, dans les petites rues tortueuses et pavées, débarassées des touristes, le silence seulement troublé par le grincement des rideaux de fer des commerces qui s’ouvraient peu à peu.

Une fois la ville derrière nous, nous goûtions avec plaisir le doux vallonement des collines qui bordaient le fleuve, nous avions choisi le chemin des écoliers et appréciions un dėnivelė enfin assagi. La route était tranquille. La première journée nous vit traverser d’immenses étendues cultivées: maïs déjà ramassé ( mais nous avons observé des gens glaner les épis oubliés), orangers, mandariniers, figuiers. Le paysage semble aride mais partout des systèmes d’irrigation. Nous avons étė horrifiés des traitements chimiques utilisés : bidons abandonnés au bord des champs aux formules menaçantes, arbres fruitiers blanchâtres après traitement, même des pancartes plantées annonçant  » traité avec des produits nocifs », et aucune protection pour les paysans sur leur tracteur, nous le constations. D’ ailleurs la terre pue et semble morte. Difficile de s’acheter une orange ou une tomate dans une échoppe après cette vision d’horreur. Le soir venu, il fut difficile de trouver un coin tranquille pour bivouaquer. Il n’ y a pas d’endroit sauvage par ici, pas de bosquet , tout est barricadé.

 

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Au bout de 90 km, quelques eucalyptus sur la rive du fleuve nous offrirent enfin un repos bien mérité et il n’y avait pas de moustiques ( peut être étaient ils décimés par tout ce poison mais soyons honnêtes, ils ne nous ont pas manqué!)

Le lendemain les champs de coton ont remplacé les fruits. Nous pûmes observer le ramassage, trés mécanisé. Mais quel gaspillage, il reste plein de petites fleurs de coton sur les plates sans  compter toutes celles qui tombent lors des remplissages de camions.. Nous traversions peu de villages,  nous vîmes quelques fincas ou cortijos ( mot andalou pour ferme) luxueuses à l’abri de hauts murs , mais aussi des masures , le contraste est saisissant. L’arrivée à Séville fut tranquille, décidément nous avions choisi le bon itinéraire…

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l’olive,or de l’Andalousie

Finalement nous n’avons pas grimpé dans la sierra morada. Michel a consulté le GPS et a décrété: bivouac compliqué car pentes très pentues, j’ ai consulté la météo: ciel couvert, risque d’ondées, alors changement de cap! C’est ça qui est bien avec le vélo sacoches, la liberté de partir sur un autre chemin…

Alors pour nous et nos montures la direction a été Jaén, ville juchée ( nos mollets peuvent vous le dire) au milieu des oliviers.

Les champs d’oliviers, vous ne pouvez pas les rater, ils sont partout, il parait qu’il y en a des millions. En ce moment la récolte des olives qui débutera en décembre se prépare. Dans les champs les paysans taillent, brûlent, soufflent toutes les saletés et avec leur tracteur tracent de jolis ronds sous chaque arbre.

A Jaén nous avons visité un musée d’art populaire splendide ( petit détail: nous avons pu le faire de 19h à 21h, ici les musées sont ouverts jusqu’à 22h!). Ce musée est installé dans un palais de 7 étages construit par l’ex vice-roi du Pérou. Le sous sol abrite des bains arabes qui avaient été murés. Eh oui l’église après la reconquête les avait interdits : cachez cette nudité etc etc….beaucoup d’objets témoignant de toute la vie quotidienne en Andalousie. Mais le clou du musée c’est une salle réservée à l’art naïf dans le monde. A l’origine le legs d’un peintre Manuel Moral Mozas qui a commencé à peindre à 70 ans, à la retraite. Nous avons été éblouis par son travail et le reste de l’expo. Toute cette belle rénovation a été financé par l’Europe bien sûr comme la construction de l’auberge de jeunesse adjacente où nous avons dormi.

Nous sommes repartis de Jaén empruntant deux voies vertes succesives: la vía verde del aceite y la vía verde de la subbética. Elles suivent une ancienne voie de chemin de fer qui servait au transport de l’huile. Le dénivelé a été un peu plus doux, celà nous a reposé mais nous avons encore vu des oliviers! Et l’ huile dans tout ça? Eh bien nous nous sommes mis au régime andalou: au petit déjeuner: galettes à l’huile, à midi pain grillé arrosé d’huile et recouvert de tomates écrasées , de toute façon le pain n’est pas bon et il n’y a pas de yaourts!

Pour  ceux qui suivent: Ubeda, , Mancha Real, Jaén, Martos, Cabra, Castro del Rio, Cordoba ( entre ces deux dernières villes 35 km sans croiser ni se faire doubler par une seule voiture…).

Impossible de mettre des  photos, le wifi rame

 

 

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